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ICM au poker : définition et calcul

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valeur des jetons et icmLa plupart des joueurs n’y pensent pas, mais la valeur des jetons évolue constamment en tournoi. En conséquent, conserver vos jetons sera parfois beaucoup plus important qu’en gagner.

C’est le calcul de l’ICM (Independent Chip Model) qui vous permettra d’en juger. Il pourra même vous pousser à coucher préflop à raison !

SOMMAIRE

Définition ICM poker
Calculer la valeur de ses jetons
Utiliser l’ICM en tournoi
- Le facteur bulle
- Conséquences du facteur bulle
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Définition ICM poker

L’Independant Chip Model est un moyen de calculer votre espérance de gain dans un tournoi ou éventuellement en sit and go. Il repose sur 3 éléments principaux :

  • taille de votre stack
  • taille de celui de vos adversaires
  • structure de paiement, c’est-à-dire le nombre de places payées et les différents paliers de paiement (ces éléments figurent toujours dans les infos détaillées du tournoi dans le lobby du logiciel de poker)

Concrètement, l’ICM calcule combien valent vos jetons en argent réel, ce qui vous permet ainsi de déterminer le rapport risque/gain d’un coup en terme purement financier.

Cette notion est particulièrement importante à l’approche de la bulle d’un tournoi et dans les places payées. Si vous ne deviez retenir qu’une seule chose de cet article, c’est que mieux vaut préserver au maximum ses jetons à l’approche des places payées plutôt que s’engager dans un coup avec une main qui n’est pas excellente et risquer d’être éliminé sans rien gagner.

Calculer la valeur de ses jetons

Il n’existe pas de formule toute faîte pour la déterminer et elle serait de toute façon peu utile vu sa constante évolution. C’est plutôt en réfléchissant correctement à la situation que vous déduirez la valeur des jetons.

En cash game, cas le plus simple, votre jeton de 5€ vaut 5€. Si vous prenez 500 jetons de 5€ à vos adversaires, vous aurez gagné 2 500€. C’est la raison pour laquelle l’ICM n’a pas de sens en cash game.

Dans un sit’n’go de 6 joueurs à 500€ de buy-in et un stack de 1 000 jetons, il est aisé de calculer que vous payez vos jetons de départ 0,50€ pièce. Cependant, si vous réussissez à vous emparer de tous les jetons en gagnant, c’est-à-dire 6 000, vous n’empocherez pas 3 000€. En effet, un sit’n’go de 6 joueurs paye les 2 premiers, supposons 2 000 € le vainqueur et 1 000€ le 2ème (pour simplifier, nous ne comptons pas le rake).

Un rapide calcul vous fera prendre conscience que la valeur unitaire de vos jetons si vous gagnez est en réalité de 0,33€  (2 000€ de gains / 6 000 jetons).

Par contre, en admettant que le deuxième de ce sit’n’go soit arrivé dans les places payées avec seulement 100 jetons, chacun d’entre eux valait 10€ puisqu’il a gagné 1 000€.

Cela explique également pourquoi doubler ou tripler son tas de jetons ne revient pas à doubler ou tripler ses gains en tournoi ou en SNG comme ce serait le cas en cash game.

C’est sur de telles observations que repose l’ICM. La valeur de vos jetons évolue continuellement et de ce fait, la stratégie à adopter change en fonction de ce facteur.

Utiliser l’ICM en tournoi

Le facteur bulle

ICM PokerDéfinition

C’est le rapport risque de perdre vos jetons / espérance d’en gagner. Il met en jeu l’écart de valeur des jetons selon les tapis des joueurs et la structure des places payées.

En tournoi, le coût de votre perte sera toujours supérieur à vos gains. En effet, à la différence du cash game où vous perdez en jetons leur valeur fixe, la valeur des jetons perdus est variable en tournoi et l’ICM repose sur ce principe. La conséquence de cette non-linéarité est la suivante : il est plus important de ne pas perdre de jetons que d’en gagner, surtout à la bulle.

On dira donc qu’en situation de cash game, le « facteur bulle » est de 1 (c’est-à-dire nul), alors qu’en tournoi il est supérieur à 1.

Sachez que la valeur qu’ont vos jetons à un instant T détermine vos espérances de gains dans un tournoi. Plus votre facteur bulle est haut (>1), plus gagner des jetons ne vous apportera pas davantage d’espérance de gain, alors qu’en perdre sera dramatique pour celle-ci, tout spécialement à la bulle.

Calcul

Il existe différent logiciels pour calculer son facteur bulle, le calcul demeurant beaucoup trop complexe pour être effectué de tête. ICM Poker Calculator est une très bonne solution en ligne et sans téléchargement, et il existe également une application pour iPhone Poker ICM Calculator.

Avec le temps, vous n’aurez plus besoin de le calculer et vous apprendrez à reconnaître les situations où le facteur bulle est haut. Voici quelques exemples :

  • La présence d’un très short stack à la bulle d’un tournoi va faire grimper en flèche votre facteur bulle : en effet, vous n’avez qu’à attendre qu’il sorte pour être payé, et cela arrivera une énorme majorité du temps. Même s’il arrive à se refaire, vous conserverez des chances décentes d’atteindre les places payées.
  • A la bulle d’un satellite : tout le monde gagne la même chose (une entrée pour un tournoi) avec 30 000 jetons comme avec 1 seul jeton. L’intérêt est donc de survivre alors que gagner des jetons n’est pas du tout important.
  • Dans des tables finales avec des paliers de gains très importants, réussir à grappiller les paliers devient sérieux vu les différences de gains et en conséquence, vous ne devez pas payer à la légère même si votre cote au poker est belle.

Conséquences du facteur bulle

Plus votre facteur bulle est haut, plus vos cotes explicite et implicite doivent être élevées pour payer un tapis ou une relance.

La non linéarité de la valeur de vos jetons en est la cause : une décision EV+ en jetons peut s’avérer être une décision EV – en €. En d’autres termes, ce n’est pas parce que l’un coup vous fait gagner des jetons sur le long terme qu’il ne vous fait pas perdre de l’argent. C’est toute la subtilité de l’ICM.

Exemple

Vous êtes dans les 8 derniers joueurs d’un satellite récompensant les 7 premiers par un ticket pour les WSOP. Vous disposez du tapis moyen à 15 000 jetons, le chipleader en possède 30 000 et le short stack en a 3000. Le chipleader envoie son tapis. Vous avez : que faire ?

Payer serait évidemment EV+ en terme de jetons sur le long terme : vous avez la meilleure main du poker avec 80% d’équité ! Pourtant, payer serait une erreur catastrophique et EV- en terme d’argent.

En effet, doubler ici n’a que très peu d’importance : que vous ayez 15 000 ou 30 000 jetons, vous gagnez la même chose. De plus, le short stack est en mauvaise posture et la probabilité qu’il finisse par être éliminé avant vous (ne serait-ce qu’à force de payer les blinds) est énorme, bien plus conséquente que les 80% de votre paire d’as. Il vous faut donc jeter votre main.

Si vous commettiez l’erreur de payer avec vos as, le short stack verrait son espérance de gain augmenter drastiquement et la valeur de ses jetons grimperait en flèche. En effet, les 20% de chances que vous perdiez le coup suite à un bad beat en faisant tapis, et donc qu’il atteigne les places payées, seront bien supérieures à ses chances de gagner avec 3 000 jetons si vous couchez prudemment vos as.

Attention !

Si l’importance de l’ICM poker est primordiale en satellite ou en sit’n’go, elle en a un relativement moins en tournoi multitable. La raison est simple : la structure de paiement d’un tel tournoi encourage à vouloir chercher les toutes premières places. Il en résulte qu’il vous faudra prendre des risques pour y parvenir.

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Affreux-loup

Auteur:

Une réflexion au sujet de « ICM au poker : définition et calcul »

  1. tonio dit :

    Très bon article, il existe aussi une application android gratuite, pratique lors des tournois live.

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