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Lecture de mains au poker

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Snap call ! Votre adversaire vient de payer les yeux fermés sur votre dernière mise. Il faut vous rendre à l’évidence : votre bluff n’a vraiment pas convaincu et avec votre main moyenne, vous pouvez dire adieu au pot.

Pourquoi a-t-il payé alors qu’il aurait pu se coucher raisonnablement ? Grâce à tout sauf un mystérieux pouvoir caché derrière ses lunettes noires. Le déroulement de la main, certains faits de jeu, votre attitude et vos mises sont autant d’éléments qui ont conditionné sa lecture et lui ont permis de déchiffrer votre main.

SOMMAIRE

lecture mains poker

Pré-requis
Type de joueurs rencontrés
- Le style agressif
- L’image tight, tout l’inverse
- Les autres profils
Apprécier les situations
- La force de la relance
- La texture du board
- Série de checks
- Maudit AS
Cas pratique
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Pré-requis

Avant même de penser devenir le futur Phil Ivey, il faut d’abord prendre un bon départ, et ce dès lors que vous vous asseyez à une table. Ne jouez pas tout de suite. Prenez le temps d’observer vos adversaires et posez-vous les bonnes questions :

  • Ont-ils déjà joué en live (vous le verrez rapidement avec leur façon un peu gauche de manier jetons et cartes) ?
  • Avec quel type de mains jouent-ils (celles qui gagnent et celles qui perdent) ?
  • Ont-ils tendance à jouer toutes les mains ou sont-ils plus sélectifs ?
  • Certains jouent-ils la position ?
  • D’autres se laissent-ils systématiquement voler les blindes ?

A moins d’avoir une paire d’ ou une autre assez compétitive, prenez au moins deux tours de table pour observer tous ceux qui sont assis autour. D’autre repères liés au langage corporel affineront un peu plus votre analyse (tremblement, salive difficile à avaler, etc.)

Type de joueurs rencontrés

Le style agressif

Rapidement, vous vous apercevrez que quelques joueurs ont tendance à jouer de manière agressive. Ils misent fort pour casser les cotes au poker de leurs adversaires, mais cela ne veut pas dire qu’ils ont systématiquement de bonnes mains. Le problème est qu’ils peuvent venir jouer avec n’importe quelle main et donc toucher n’importe quoi.

Notre conseil : Pour bien lire ce genre d’individus, vérifiez qu’ils jouent systématiquement en position (entre 1 et 3 places avant la petite blinde). Cela signifie qu’ils cherchent à voler les blindes le plus possible. Prenez le soin de ne jouer que les grosses mains contre eux. Quand vous trouverez vos flops et plus, ne soyez pas gourmand, laissez-les vous mettre la pression en les suivant pour mieux les attraper à la fin du coup.

L’image tight, tout l’inverse

Le joueur tight ou passif est identifiable par sa faible fréquence de jeu et la très bonne qualité des mains avec lesquelles il s’investit dans un coup. Son type de main est clairement la partie verte du tableau des statistiques du poker, c’est-à-dire les meilleures : , , etc.

Notre conseil : Quand il bouge une oreille, fuyez ! Vous pourrez toutefois jouer des petites paires contre lui. Vous aurez alors 1 chance sur 8 de trouver un brelan, et vous pourrez ainsi bien l’attraper si par chance il se croit invincible en touchant son As.

Les autres profils

Ils seront plus communs et moins faciles à lire. Ils n’auront jamais la même fréquence de jeu et il est difficile de savoir, après la distribution, quel peut être le type de main qu’ils possèdent. C’est ce profil qu’il est le plus intéressant d’apprendre à décrypter car cela vous donnera un réel avantage une fois que vous y parviendrez. Pour cela, certains éléments doivent être pris en compte.

Apprécier les situations

La force de la relance

Un joueur qui relance ou sur-relance de temps en temps, avec ou sans la position au poker, mérite de recevoir du crédit. L’usage du 3Bet ou sur-relance est devenu une arme de semi-bluff, mais il n’en reste pas moins un signe de force.

Une personne qui relance affiche sa volonté d’en découdre. Elle peut aussi vouloir faire le ménage dans ses adversaires et ne garder que ceux munis d’une main décente pour protéger la sienne qui est de premier ordre. Elle est par conséquent à prendre au sérieux. En étant le deuxième à parler, vous aurez plus de visibilité et pourrez plus facilement le manœuvrer. Vous serez alors « en position »

En prenant le partie de jouer contre cet adversaire avec une main médiocre, vous savez qu’un As ou une tête sur le flop risque de vous faire fuir. Dans le cas contraire, tenter une mise conséquente sans dépasser la taille du pot pour voir comment il va réagir.

  • S’il hésite, c’est gagné. Même s’il paye et que le turn n’apporte aucun tirage, si vous avez au minimum une paire, remisez.
  • Si vous êtes encore payé, posez-vous alors des questions. Il possède surement une grosse paire en main, au dessus de ce qu’il y a sur la table et à présent vous devez checker ou coucher votre main s’il montre les crocs.

La texture du board

La qualité d’un flop va souvent conditionner l’action. Quand celui-ci offre un potentiel de tirage ou de couleur et qu’une personne est intéressée, elle va souvent checker et payer si une mise adverse a lieu. Il y a deux écoles de joueurs :

  • Ceux qui attaquent quand ils n’ont pas encore touché leur tirage pour maximiser leurs futurs gains
  • Ceux qui évitent de dépenser un jeton tant qu’ils n’ont pas obtenu leur couleur ou quinte

Bien souvent, la tendance à mettre les jetons s’inverse quand le tirage est complété. Le joueur agressif va se calmer tandis que le joueur passif va retrouver de l’oxygène et se mettre à attaquer.

Le point faible du joueur agressif est ici que même s’il ne touche pas, il va vouloir bluffer le coup. Si vous avez au minimum une paire (première ou deuxième meilleure carte du board), payez sans trop réfléchir !

Série de checks

Certains coups sont bizarres : vous êtes 3 ou 4 engagés, parfois même avec une relance préflop payée par tous, mais tout le monde check au flop. S’il semble qu’il en sera de même au turn, même si vous n’avez pas trop de visibilité, profitez d’être dans les derniers de parole pour annoncer une mise assez conséquente dans un pot que personne ne veut réellement. C’est le premier qui parlera qui gagnera.

Maudit AS

Quand il arrive sur un flop et que vous possédez une main correcte comme une paire par exemple, le coup devient délicat à jouer. Si le flop n’est pas dangereux pour le propriétaire d’un As (pas de tirage couleur ou quinte) et que ce dernier attaque, il y a quelque chose d’anormal. Pourquoi miser alors qu’il est censé être devant ? Payez une première fois. Au mieux vous toucherez un brelan, sinon, vous pourrez revoir votre adversaire en action.

Va-t-il continuer ou se calmer ?

  • S’il continue, commencez à vous méfier.
  • S’il se calme, c’est gagné, votre mise l’emportera.

Vous remarquerez qu’à chaque fois, la lecture de mains, au poker, est conditionnée par une certaine logique de jeu. Il faut toujours être curieux et se demander pourquoi le coup se déroule de telle ou telle manière.

Variez aussi votre jeu pour ne pas être pris par la patrouille. Quand vous êtes fort, ne le montrez pas à chaque fois. Ayez aussi à l’esprit que la plupart des joueurs pratiquent le poker de manière très basique et qu’il n’est pas nécessaire d’être un génie pour décrypter une main cachée.

Cas pratique

Nous sommes dans un SNG regroupant beaucoup de joueurs débutants. Chacun possède 1.200 jetons et nous sommes aux blindes 10/20. Cela fait plus d’un tour que la partie a commencé. Chaque main est disputée mais les montants ne s’envolent pas.

Une nouvelle donne commence. Quatre joueurs ont limpé (payé la hauteur de la grosse blinde) et la petite blinde, jusque-là peu active, relance à 100. La grosse blinde paye. Avec , nous étions déjà engagés et payons cette relance. Deux autres joueurs en font autant. Le flop apporte . Le pot est de 440. La petite blinde mise 20. La grosse blinde paye. Ces mises sont étonnantes. Les deux joueurs qui représentaient de la force montrent maintenant de la faiblesse.

Ont-ils raté leur flop avec leur grosse main (AK, AQ, AJ) ? C’est à notre tour de parler. Nous voulons savoir où ils se situent et optons pour une mise à 200. Seule la petite blinde (le relanceur initial) paye. Le turn apporte une . La petite blinde checke. Elle semble toujours dans l’indécision et visiblement, soit elle n’a pas touché sa carte, soit elle possède une paire en dessous du 10. Nous décidons de miser une nouvelle fois à hauteur de 200. C’est payé. La river ne tarde pas à tomber. Il s’agit d’un . A peine la carte tombe-t-elle que notre adversaire mise 200. Son AJ a-t-il enfin touché ? Cela y ressemble.

Nous sommes forts avec notre 10. Il est peu probable que ce joueur en ait également un, et si c’était le cas il aurait misé sur le turn. Nous excluons aussi les Valets-10. Le pot fait 1440 et nous devons miser 200 pour le gagner. C’est une très bonne cote. A défaut de jetons, si nous perdons, nous aurons obtenu de l’information capitale sur cet adversaire pour la suite de notre SNG car oui, il faut parfois payer pour apprendre. Nous engageons les deux jetons noirs et à notre grande surprise, il s’agit bel et bien d’un .

Une grosse main se lâche et il ne faut pas en tomber amoureux systématiquement. Il a trouvé une de ses 6 cartes qui lui donnaient la victoire (les 3 As et les 3 Valets), mais à quel prix lorsque l’on compare sa cote d’amélioration à la cote du pot ! Notre déduction était donc bonne. Ici nous avons payé pour forcer l’adversaire à nous montrer sa main. Si nous n’avions pas payé, il aurait pu prendre ce pot en nous laissant dans l’incertitude. Bien lire une main, c’est aussi savoir perdre.

Finalement, ce joueur sera éliminé peu de temps après.

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Affreux-loup

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