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Outs au poker : pourquoi vous en comptez trop

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Compter ses outs au poker, c’est chercher combien de cartes peuvent faire gagner le coup. Surestimer leur nombre est l’erreur la plus courante dans le calcul de ses chances de gagner. Il n’existe pas de méthode miracle pour les dénombrer avec certitude, mais les principes et exemples ci-dessous permettent de rapidement s’approcher du compte exact.

Boulier pour compter ses outsSOMMAIRE

Compter les outs au poker : calcul
Eliminer les faux
Savoir revoir leur nombre à la baisse
Correspondance nombre d’outs / probabilités

Compter les outs au poker : calcul

Lorsque vous comptez vos outs, vous voulez savoir combien de cartes vous feront gagner étant donné votre main et le flop. Bien sûr, cela suppose de connaître par cœur :

En théorie, le calcul est simple : selon votre main et le flop, vous voyez rapidement si vous pouvez escompter un brelan, une quinte ou encore une couleur. De là, il suffit de compter le nombre de cartes qui pourront vous faire avoir la meilleure main.

Exemple : vous avez . Le flop est le suivant : .

Vous pouvez alors compter sur :

  • 4 rois pour la quinte
  • 3 as pour la top paire
  • 9 cœurs pour la couleur

Attention : méfiez vous de ne pas compter plusieurs fois vos outs ! Puisque vous n’allez pas compter 2 fois et , vous avez donc un total de 14 outs, et non pas 16 comme vous pourriez hâtivement le croire.

Eliminer les faux

Définition

déterminer les outs au pokerIl s’agit de cartes qui en théorie pourraient vous faire gagner mais qui en pratique favoriseront plus les autres joueurs que vous-même. Deux éléments sont à prendre en compte pour les détecter :

  • nombre d’adversaires dans le coup : plus il y en aura, moins vous aurez de chances d’avoir telle carte précise qui vous fera par exemple toucher la meilleure couleur
  • style de jeu adverse : face à un joueur serré, compter pour des outs les as et les rois n’est pas recommandé

Autant dire que cette part de réflexion demeure absente des logiciels calculateurs de poker : même si ces outils peuvent vous aider, en dernier ressort ce seront vos compétences de joueur qui feront la différence.  Et si coucher un tirage où vous auriez eu légèrement la cote n’est pas une grosse erreur, suivre en ne l’ayant pas et risquer tous vos jetons en est une grossière.

Cas pratiques

Cas n°1 : faux outs pour une couleur

Vous avez en main face à 3 adversaires et le flop est le suivant : . Vous pouvez légitimement espérer un tirage quinte par les deux bouts (8 outs : tous les 10 et tous les 5). Cependant, il y a un tirage couleur possible pour les adversaires, vous pouvez donc par précaution ne pas compter vos outs apportant la couleur (soit et : vous n’avez plus que 6 outs).

Il est mieux de procéder ainsi, car non seulement vous serez à même de perdre un gros pot si vous touchez une quinte quand votre adversaire touchera la couleur, mais vous aurez de surcroît beaucoup de mal à valoriser votre quinte avec une couleur évidente.

Qui plus est, face à 3 adversaires, il y a des chances pour que l’un d’entre eux obtienne sa couleur avec un kicker supérieur à votre . Plus généralement, si vous avez un petit tirage couleur et qu’il y a énormément d’action avec plusieurs payeurs au flop, vous devez être conscient qu’un adversaire peut tout à fait avoir une meilleure main que la vôtre. Dans ce cas, soit vous vous méfiez si vous touchez la couleur, soit vous décidez de vous coucher si la turn ne vous est pas favorable.

Cas n°2 : la double paire trompeuse

Une autre erreur fréquente consiste à compter comme des outs certaines cartes pouvant vous apporter une double paire.

Par exemple, vous avez sur un board , face à un adversaire serré qui vous a relancé préflop et qui a continué à relancer au flop. Si vous comptez les as en plus de vos 9 comme des outs, cela revient à occulter le fait que votre adversaire peut détenir vu son image et la configuration du coup.

Autre exemple : sur un flop , vous avez . Si vous comptez que vous jouez les 9 et les 7 pour la double paire, les 6 et les valets pour la quinte, soit 12 outs en tout, vous commettez une grosse erreur en octroyant beaucoup de force à votre main :

  • si vous touchez la double paire, cela ouvre une quinte pour l’adversaire qui aura peut-être un ou un
  • si vous touchez votre quinte haute avec un valet, cela ouvre une quinte supérieure à celui qui détient une dame.
    Ajoutons qu’un est une main appréciée par beaucoup de joueurs, et si jamais un adversaire la possède, vous risquez de perdre gros en ayant cru avoir votre quinte.

Il serait donc plus prudent de ne compter que les 6 vous apportant la petite quinte et les 9 pour votre brelan comme des outs potentiels (soit 6 outs).

Savoir revoir leur nombre à la baisse

2 types d’outs poker sont à éliminer à tout prix :

  • les faux, comme vu ci-dessus
  • les improbables

Concernant les seconds, c’est parce que l’on vise généralement des combinaisons moyennes : la high paire, le brelan, la couleur, la suite. Pour les autres (Carré, Full, Quinte Flush), il est tellement rare de les toucher qu’elles sont ignorées jusqu’à ce qu’on les détienne (avec alors une satisfaction que l’on tente de masquer par tous les moyens). Ces top mains font néanmoins parfois  l’objet de stratégies plus en amont, typiquement en pré-flop en suivant un maximum de coups avec des mains moyennes (par exemple ) sans trop entamer son capital de jetons.

Formule

(nbre de cartes permettant de toucher la combinaison 1 + nbre cartes combinaison 2 + nbre cartes combinaison 3) – (cartes communes à ces combinaisons + faux outs) / (nombre de cartes total pouvant tomber)

Cas pratique

Vous avez et la turn est . Ici, vous avez d’ores et déjà une belle main. Vous pouvez bien sûr espérer l’améliorer, surtout si l’adversaire qui a misé a probablement lui-même une double paire qu’il espère convertir en full. Cela dit, vous auriez forcément un meilleur full en touchant les 3 as restants, ce qui vous donne 3 outs. Vous pourriez aussi avoir encore mieux : un carré en touchant . Cependant, les chances de l’obtenir à la river sont si faibles que mieux vaut vous abstenir de le compter.

Ensuite, c’est l’analyse de la situation qui interviendra dans votre décision.

  • Si le joueur adverse est serré, rien n’empêche qu’il ait , surtout s’il vous relance. Mais il n’aura alors que pour un full ou un meilleur brelan que vous, puisque vous avez déjà . Il peut également attendre un 8, mais il ignore que vous en avez déjà un en main : qu’il touche celui qui reste est donc tout aussi improbable pour lui que pour vous, et de toute façon cela vous serait plus favorable qu’à lui (votre carré vaudrait plus que son full).
  • S’il possède , ou même n’importe quelle autre paire supérieure à 8, il n’aura que 2 outs pour un full + l’improbable

L’analyse de la situation vous montre ainsi que vous avez plus de chances de remporter le coup que lui en ôtant vos outs improbables et ses faux outs : 3 pour vous contre 2 pour lui. Sachez aussi que de son point de vue, il peut croire qu’il en a plus puisqu’il ignore votre main : il n’hésitera pas à vous suivre, miser ou même relancer, surtout avec une paire d’As ou de Rois. Vous pourrez ainsi lui soutirer beaucoup de jetons.

Correspondance nombre d’outs / probabilités

Nombre d’outs % d’amélioration après le flop % d’amélioration à la river
1 4,26% 2,17%
2 8,42% 4,35%
3 12,49% 6,52%
4 16,47% 8,70%
5 20,35% 10,87%
6 24,14% 13,04%
7 27,84% 15,22%
8 31,45% 17,39%
9 34,97% 19,57%
10 38,39% 21,74%
11 41,72% 23,91%
12 44,96% 26,09%
13 48,10% 28,26%
14 51,16% 30,43%
15 54,12% 32,61%
16 56,98% 34,78%
17 59,46% 36,96%
18 62,44% 39,13%
19 65,03% 41,30%
20 67,53% 43,48%

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Camille Carre

Auteur:

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