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Bien bluffer au poker

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Vous vous êtes embarqué dans un coup hors position avec une main médiocre et vous n’avez rien touché au flop. Le pot a une taille conséquente et il serait vraiment dommage de le laisser passer. A vous de bien réussir votre bluff grâce à votre analyse de la situation et une bonne technique.

SOMMAIRE

bluff poker

Les situations favorables au bluff
- Adversaire faible
- Repérer et contrer un bluffeur
- Le semi-bluff
Les bluffs basiques
- Le vol de blindes
- Le Continuation Bet
Les bluffs supérieurs
- Le 2 ou 3 barrel
- Le All-in
- Le floating
Exemples de bluffs
- Se convaincre d’avoir la meilleure main
- Steal-resteal
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Les situations favorables au bluff

Savoir jouer avec les cartes en maîtrisant le calcul des cotes au poker est important ; mais il est tout aussi important d’apprendre à jouer indépendamment de sa main.

Il faut donc savoir faire en sorte que même avec une mauvaise main, un tirage raté ou une petite paire, votre adversaire pense que vous avez un « monstre » comme .

Adversaire faible

A la table, vous avez remarqué un joueur qui joue peu, un joueur « tight » ou serré. S’il ne touche pas ses cartes, il est peu enclin à continuer de jouer, sauf peut-être pour aller chercher son As, son Roi ou sa Dame. Il peut aussi avoir une paire en main qu’il a du mal à coucher. Ce genre de joueur est une cible idéale. Quand il est dans les blindes, relancez le plus souvent possible. S’il paye, le Continuation Bet est ici automatique au flop s’il checke. S’il paye et que le flop possède des têtes, arrêtez les frais.

Lorsque vous êtes impliqué dans un coup contre lui dans une autre situation et que vous parlez en premier, privilégiez le check sur le flop. S’il en fait de même, miser tout de suite sur le turn, sinon relancez le s’il mise (check-raise). Vous y verrez plus clair et trouverez naturellement la façon de jouer à la river si le coup ne s’arrête pas.

Autre cas de figure : certains joueurs se sentent pousser des ailes après avoir gagné une grosse somme de jetons en tournoi ou bien d’euros en cash game avec le déblocage de leur bonus avec le code promo pmu poker. Ils auront tendance à bluffer un peu plus. C’est à cet instant qu’il faut les attraper !

Repérer et contrer un bluffeur

Grâce aux techniques de profilage au poker, vous verrez que les joueurs larges et agressifs vont attaquer plus souvent que les autres. Leur range de main de départ sera également plus importante. Même les poubelles seront jouées en fonction de la position par ce type de profil. Il n’hésitera pas à vous relancer ou sur-relancer dès qu’il verra une faille dans votre jeu.

Quand ce joueur relance en position, relancez-le seulement de temps en temps (3Bet), car s’il s’aperçoit que vous avez compris sa manœuvre, il vous enverra son tapis pour calmer vos ardeurs. Il ira même vous agresser quand viendront vos tours de blindes.

Cette technique de 3Bet fonctionne aussi avec les joueurs faibles si vous souhaitez voir ce qu’ils ont vraiment. Vous serez surpris de constater que certains jetteront de bonnes mains. En revanche, si vous entendez All-in, fuyez. Votre main possède certainement deux cartes vivantes (On appelle cartes vivantes les mains composées de deux cartes inférieures et différentes aux deux cartes adverses), mais cela en vaut-il la peine ? Généralement, non.

Le semi-bluff

Vous êtes en tirage couleur sur le flop ou le turn. Votre adversaire vous tient tête. A t-il un brelan, une double-paire ? S’il se montre agressif, venez-en aux muscles et effectuez des relances conséquentes quitte à en découdre si les cotes d’amélioration sont en votre faveur. Annoncer tapis en tirage quinte et/ou couleur n’est pas vraiment un bluff car vous disposez d’une porte de sortie (les outs qui vous donneront la victoire), contrairement à un bluff où l’on ne possède rien ou pas grand-chose en main.

Les bluffs basiques

Certains faits de jeux peuvent être apparentés à des bluffs. Voici les plus basiques et peut-être les plus efficaces, ce qui explique qu’ils font partie des actions les plus répandues. Faits à bon escient et assez régulièrement, ils permettent d’empiler une belle quantité de jetons.

Le vol de blindes

C’est à vous de parler. Personne n’est encore rentré dans la main et vous êtes assis dans les places avant le bouton. Pour voler les blindes, relancez systématiquement, qu’importe votre main. 7 fois sur 10, vous remporterez les blindes.

Le Continuation Bet

Vous disposez d’une main correcte comme . Vous relancez lorsque c’est à vous de jouer et la grosse blinde paye. Le flop n’apporte rien : . La grosse blinde checke. Elle n’a visiblement rien trouvé, peut-être un 2 voire un valet mais dans ce cas c’est pour vous piéger. Vous avez relancé préflop et donc montré de la force. Vous misez et continuez à faire comme si vous aviez la meilleure main alors qu’il n’en est rien. Ce continuation Bet est par conséquent un bluff.

Les bluffs supérieurs

Le 2 ou 3 barrel

Les « barrels » sont des salves de plombs, ou plutôt de jetons, que vous allez dégainer au fil du board. Le continuation Bet est en quelque sorte le 1er barrel. Si vous êtes payé une première fois, continuez sur le turn puis sur la river. Assurément, ce type de bluff coûte cher en jetons, mais il s’agit d’un jeu de nerfs et vous devez l’emporter pour ne pas perdre ce pot que vous avez beaucoup fait grossir.

Conseil : En live, essayez de maîtriser vos pulsations cardiaques et de ne pas trop trembler. Cachez-vous derrière une écharpe, c’est très pratique.

Le All-in

Cette arme en tournoi facile à utiliser mais dangereuse. Parfois certains joueurs ont la main lourde et vont annoncer « Tapis » à la moindre occasion car ils peuvent de la sorte accumuler  beaucoup de jetons et ainsi donner un très gros mal de crâne à leur adversaire qui va jouer sa place. C’est vrai aussi pour un petit tapis qui use de cette technique pour intimider des tapis plus importants. Il n’est pas nécessaire d’avoir une très grosse main pour contrer un pot relancé.

Le floating

Il s’agit en quelque sorte d’une contre-attaque. Devant un schéma de continuation bet ou de double-barrel, vous allez payer en position, c’est-à-dire quand vous ne serez pas le premier à parler et que vous jouerez contre un adversaire. Si il y a un check de la part de votre adversaire sur le turn ou la river alors c’est vous qui placerez une mise. Le fait que vous ayez payé au préalable les attaques précédentes et que vous inversiez le schéma ne va pas convaincre votre adversaire de vous suivre. Il percevra votre façon de jouer comme un joueur en mode « sous-marin », soit parce qu’une couleur potentielle vient de tomber, qu’un As vient d’apparaître ou bien encore que vous disposez d’une paire plus haute que le board et que par conséquent ce qui s’y trouve ne vous fait pas peur.

Ne faites d’ailleurs pas une grosse mise sur le turn ou la river, jouez-là plus intelligemment en misant entre la moitié et les 3/4 du pot. L’objectif est de lui faire sentir que vous lui effectuez un value bet, c’est-à-dire une mise de valuation (effectuée lorsque l’on a un bon jeu et que l’on veut encore soutirer un peu d’argent ou de jetons à un adversaire).

Exemples de bluffs

Plutôt que des longs discours, voici deux exemples marquants.

Se convaincre d’avoir la meilleure main

…Et jouer de son image

Tom Dwan le dit lorsqu’il doit faire face à la mise de 50.000 $. « C’est une ligne étrange », comprenez une séquence de mise étrange. Kaplan vole les blindes depuis le bouton. Seule la star online 4Bet (relance de quatre fois) pour sonder cette première mise. A partir du moment où Kaplan paye, il dit à son adversaire qu’il a une grosse main mais aussi qu’en rentrant dans le coup avec cette main faible il sait qu’il devra bluffer pour gagner le coup.

Ensuite, il relance la mise de Dwan au flop en annonçant clairement « j’ai l’As » mais Dwan paye. Le turn apporte un autre As diminuant considérablement les chances que Kaplan en ait un en main. Kaplan checke derrière Dwan. Il y a de la faiblesse à cet instant chez lui. Il ne va pas se démonter pour autant et sur un nouveau check de Dwan à la river, il mise fort et fait sonner l’alerte chez durrr.

Bien que risqué, son bluff a réussi car l’action préflop a déterminé tout ce coup. De plus, il a su jouer de l’image au poker de Kaplan qui en théorie n’est pas, aux yeux des adversaires professionnels à côté de lui, un joueur large et agressif. L’As fait partie de sa range dans cet exemple, mais il se trouve qu’il ne l’avait pas en main…

Steal-resteal

Vol-revol

Ici, Phil Ivey se retrouve contre Tom Dwan. Ces deux joueurs ont une lecture très fine et font partie des meilleurs joueurs mondiaux. Avec au Hijack (Bouton – 2), Dwan dispose d’une main jouable en cash game. Phil Ivey est au bouton et suspecte déjà Dwan de vouloir voler les blindes. Sa main demeure un peu plus faible car non connectée ; cependant, n’oublions pas qu’il ignore celle de son adversaire. Il faut aussi savoir que ces joueurs aiment augmenter les enchères en relançant souvent pour constituer des pots conséquents. Ivey décide donc de relancer à 9.000 $. Tom se doute qu’Ivey le sonde et par conséquent, il 3Bet à 29.600 $.

Fin connaisseur et joueur agressif, Ivey a compris la tentative de bluff et décide de placer une très grosse relance. Celle-ci produit son effet sans tarder : Dwann n’a plus envie d’en découdre dans cette guerre des nerfs et se couche immédiatement.

Nous sommes loin des sommes habituellement mises en jeu par les amateurs, mais avant tout, ce ne sont pas elles qui priment, c’est la manière dont on joue. Si dans un pot, vous sentez que vous pouvez bluffer parce que votre lecture vous y conduit, faites-le, ne dérogez pas à vos règles de jeu.

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Camille Carre

Auteur:

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